Dans les métiers de la finance, la difficulté n’est pas toujours la pénurie. Pour un poste de contrôleur de gestion en PME industrielle, c’est souvent l’inverse : les candidatures affluent, les profils se ressemblent… et la décision devient de plus en plus difficile.
La phrase revient souvent : « On a beaucoup de candidats, mais aucun ne fait vraiment la différence. »
Trop de profils similaires, pas assez de valeur ajoutée
Les CV reçus sont bien construits : expériences comparables, outils maîtrisés (ERP, Excel avancé, outils de reporting), parcours cohérents. Pourtant, au fil des entretiens, un constat s’impose : les candidats savent produire des chiffres, mais peinent à les faire parler.
Or les attentes ont évolué. Une PME industrielle ne cherche plus seulement un financier « technique », mais un véritable business partner, capable de :
- challenger les chiffres et les hypothèses budgétaires ;
- travailler au plus près des opérationnels : production, achats, commerce ;
- comprendre les enjeux industriels : coûts de revient, marges par produit, rendements, stocks ;
- choisir les bons indicateurs pour éclairer les décisions de la direction.
Le contrôle de gestion industriel, un métier à part
Dans une PME industrielle, la difficulté ne réside pas dans la construction du reporting, mais dans l’exploitation de l’information : quels KPI suivre ? Comment expliquer une dérive de marge ? Comment transformer une donnée comptable en levier d’action pour l’atelier ?
Un contrôleur de gestion industriel doit être à l’aise sur le terrain, savoir parler à un responsable de production comme à un dirigeant, et comprendre la formation des coûts. Ce sont ces compétences qui font défaut, et qui expliquent pourquoi le recrutement stagne malgré un grand nombre de candidatures.
Quand l’enjeu devient stratégique : le directeur financier
La problématique est encore plus marquée sur les postes à fort enjeu. Lors d’un recrutement récent de directeur financier à Lyon, dans une entreprise détenue par un fonds d’investissement, le besoin allait bien au-delà de la production financière : connaître ses chiffres sur le bout des doigts, les présenter clairement aux actionnaires, tenir la pression des investisseurs et donner un cap financier crédible.
Les profils rencontrés étaient solides sur le papier. Peu savaient réellement incarner le rôle : prendre de la hauteur sans perdre le terrain, expliquer sans noyer, décider sans rigidifier.
Les critères qui permettent de trancher
Quand les candidatures sont nombreuses, l’enjeu n’est pas d’en recevoir davantage, mais d’aider à la décision. L’évaluation doit aller au-delà des parcours et des outils :
- posture business : capacité à challenger et à convaincre ;
- compréhension des enjeux économiques de l’entreprise et du secteur ;
- qualité du raisonnement face à un cas concret (dérive de marge, écart budgétaire) ;
- aisance relationnelle avec les opérationnels et les actionnaires ;
- adéquation avec l’équipe et les valeurs de l’entreprise.
Une mise en situation simple, à partir de vos propres chiffres, révèle en une heure ce qu’un CV ne montre pas.
Ma méthode
Ma pratique s’appuie sur une expérience terrain de la finance et du contrôle de gestion : parler le même langage que les candidats et que les dirigeants permet une lecture fine des profils. Concrètement : un brief cadré, une évaluation au-delà du CV et une shortlist de 2 à 3 profils ciblés et qualifiés, pas 15 CV (voir la méthode shortlist).
Les fonctions support sont aussi en tension côté production des chiffres : voir la pénurie de candidats en comptabilité et paie. Pour les postes techniques, consultez le guide recruter des profils techniques en industrie.
Questions fréquentes
Contrôleur de gestion industriel ou généraliste ?
En PME industrielle, privilégiez un profil qui a déjà travaillé sur des coûts de revient et des marges produits. Un généraliste peut réussir, à condition d’avoir une vraie appétence pour le terrain.
Comment départager deux bons candidats ?
Par une mise en situation sur un cas réel et par l’avis des opérationnels qui travailleront avec lui. Le meilleur technicien du chiffre n’est pas toujours le meilleur partenaire de la production.
Vous avez un poste pénurique ou un recrutement qui traîne ?
Envoyez-moi l’annonce, je vous dis sous 24 h si je peux vous présenter une shortlist en quelques jours. Écrivez-moi via la page contact ou appelez-moi directement au 06 72 27 00 14.
Julien Marcon, de Qatalyse Recrutement, recruteur indépendant spécialisé dans les profils industriels et techniques.
